[...] Je suis sur mon lit, seule la lumière de ma lampe de chevet m'éclaire. En fond musical tourne l' album de Tokio Hotel, Schrei-So laut De Kannst, le groupe n'est pas encore réellement connu ici en France. Rette Mich résonne dans ma tête [...]
"Komm und rette mich
Ich verbrenne innerlich
Komm und rette mich
Ich schaff's nich ohne dich
Komm und rette mich
Rette mich
Rette mich "
Qu'est-ce que le temps passe vite. Les minutes, les heures, les jours se sont écoulés sans que je ne puisse le remarquer, nous sommes Samedi. Ce qui signifie que c'est aujourd'hui que les corresponds allemands s'en vont, c'est-à-dire que Gustav s'en va, et je ne le veux pas, je ne veux pas qui parte !
Le jour du départ était enfin arrivé, je n'en avais pas dormi de la nuit...pourquoi ce séjour devait-il s'arrêter si tôt ?...on s'entend tellement bien, c'est la première fois que je m'entends aussi bien avec un garçon. Je ne veux pas voir cette entente finir du jour au lendemain à cause de ce départ; mais que puis-je faire ? C'est donc la boule au ventre que je me suis rendue, ce matin là, sur le parking du collège, là où le car les attendaient pour s'en aller vers l'Allemagne.
A mon arrivé beaucoup d'élèves étaient déjà arrivés avec leurs correspondants, des rires, des sourires, des larmes étaient présents sur les visages ; c'était bel et bien le départ.
Je recherchai Gustav du regard mais il n'était pas encore arrivé, en l'attendant je décidais d'aller dire ne revoir à quelques personnes avec qui j'avais sympathisé...Gustav est enfin arrivé accompagné de Thomas et des parents de celui-ci, derrière lui roulait sa grosse valise. C'est la boule au ventre que je me suis approché de lui ; l'ambiance était très tendue, personne ne parlait, l'émotion était trop forte, je sentais les larmes me monter aux yeux, mais je ne voulais pas pleurer, pas maintenant, pas devant lui...
Tout un coup c'est comme une charge électrique qui s'est emparé de moi, je la senti me traverser tout le corps, Gustav me tenait la main, je le regardai et il m'a fait signe de le suivre. C'est à l'écart des autres, qu'il mit sa main dans sa poche et en sorti un bout de papier, je ne comprenais pas ce qui se passait, il me glissa le bout de papier dans ma main qu'il tenait auparavant, je le regarda et il me sourit. J'ouvris ce bout de papier et lu les inscriptions que Gustav avait marqué, [remarque personnelle :
il écrit comme un cochon !] il s'agissait de son adresse et de son numéro de téléphone. C'est alors que j'ai compris qu'il ne voulait pas perdre contact ; sans aucune hésitation je couru vers ma mère pour lui demander un stylo et un bout de papier, à la va vite j'écrivis mon adresse et numéro de téléphone, Gustav avait pris la peine de revenir vers nous, c'est un grand sourire qui illumina son visage quand je lui tendis le précieux bout de papier. Au loin, le professeur rassemblait les allemands, il était temps qu'ils montent dans le car ; ça y'est c'est bien la fin, Gustav allait monter dans ce car et partir au loin...je ne voulais pas qu'il parte alors que l'on ne s'était rien dit.
C'est alors sans que je m'y attende qu'il me pris dans ses bras [
à l'époque il était plus petit que moi et donc sa tête avait atterri vous savez où, mais bon c'était pas encore très développé à l'époque MDR] et me dit à l'oreille
« Merci et à bientôt ». J'ai cru que j'allais mourir là, dans ses bras. Je sentais son c½ur, nos c½urs battrent à la camarade tellement l'émotion était forte, je ne voulais pas que ce moment s'arrête, j'aurais voulu rester là dans ses bras à tout jamais, mais bon, les bonnes choses ont toujours une fin.
Après les dernières embrassades, Gustav était maintenant dans le car à la vitre, moi aux côtés de ma mère et des parents de Thomas et de celui-ci sur le parking ; je restais à fixer son regard qui me souriait mais pas moi, les larmes étaient là. Ma mère lu sur mon visage toute la tristesse que j'éprouvai, elle me serra contre elle pour me remonter le moral mais ça ne servait à rien...Dans un sursaut, le bruit du moteur m'écarta de ma mère ; tout le monde autour de moi faisait de grands gestes, de grands adieux, pas moi. Je n'avais pas la force ni le courage d'en faire de même, je regardai le car partir, je le regardai partir, mon regard croisa le sien et je vis dans ses yeux des larmes [
chose qu'il n'a jamais reconnu]. Le car tourna au feu ne laissant derrière lui que de la fumée, ça y'est il était parti, je ne le verrais plus jusqu'à [...]
[...] «Allo»...C'était justement Gustav qui m'appelé pour me souhaiter bonne nuit, chose que l'on fait maintenant depuis plus de 6 ans...Car on a une règle d'or, on ne se couche qu'après s'être souhaité bonne nuit ! En y pensant, rien ne m'empêche de rester éveillée sachant qu'il n'est pas là et en plus il n'en saura rien. [...]